L’emblème

Signification résumée

L’emblème de la Communauté de l’Amen origine d’un sous-bassement biblique de la spiritualité de celle-ci (cf. Ap 3, 14-22). Ainsi, avant même de porter attention à l’emblème, il sera utile de faire une brève exploration très résumée du passage biblique lui-même[1].

Le dernier Livre biblique de nos Saintes Écritures, l’Apocalypse Johannique (saint Jean), comporte deux chapitres (chapitres 2 et 3) dont le style diffère de l’ensemble du Livre. Le langage se rapporte davantage au style prophétique qu’au style apocalyptique (langage très imagé, très symbolique, se rapportant beaucoup à certains Livres vétérotestamentaires (Ancien-Testament)). Ces deux chapitres sont donc plus accessibles à la compréhension, même pour qui n’aurait pas fait d’études bibliques… Cela dit, il est tout de même important d’avoir l’aide d’une ressource bien formée en ce domaine afin de guider notre lecture.

En ces deux chapitres, nous retrouvons essentiellement sept lettres adressées à des communautés chrétiennes (églises) situées en Asie mineure au début du christianisme. Ces lettres ont toutes été conçues selon un même modèle… Évidemment, le message contenu en ces lettres demeure toujours d’actualité depuis les deux mille ans de l’Église, et ce, jusqu’à sa fin[2]

La septième lettre (Ap 3, 14-22) est adressée à (l’Ange) de l’Église de Laodicée. D’entrée de jeu, c’est le Christ qui se présente à titre d’interlocuteur. Il se présente selon des attributs qui le caractérisent… Ceux-ci mettent en relief un programme (un modèle) à suivre. C’est ici que nous retrouvons la figure du Christ « Amen » (verset 14). Dans la Sainte Écriture, seulement à deux endroits le terme « Amen » est utilisé pour désigner le Seigneur. Dans l’Ancien-Testament (Isaïe 65, 16), nous retrouvons l’expression « Dieu de l’Amen » (théocentrique). Ici, nous retrouvons la formule « Ainsi parle l’Amen » (christocentrique)… Le Christ « Amen » (l’Amen), c’est le Témoin fidèle et véridique (verset 14), qui accomplit toujours et jusqu’au bout la Divine Volonté [3]. Il se fait obéissant jusqu’au bout… Il répare ainsi la désobéissance d’Adam et Ève qui s’étaient détournés de la Divine Volonté, trompés par le Serpent (Satan). Dans la Tradition bimillénaire de l’Église, cela rejoint ce que les spirituels appellent l’« union de volonté ». Dans la Communauté de l’Amen, il y a donc une importance fondamentale accordée à la Divine Volonté (l’union de notre volonté à Celle de Dieu). Conséquemment, nous apprenons à discerner ce qu’est la Divine Volonté (révélée générale pour tous ; personnelle et particulière à découvrir pour chacun-e). Nous nous unissons au Christ dans son « Amen » de chaque instant. Avec Lui, nous vivons l’union de volonté… Cette union nous transforme donc, nous rendant conformes au Christ « Amen »[4]. Au sujet de « l’Amen », ajoutons finalement qu’en plus de ce constant « oui, je le veux » (union engageante de notre volonté à Celle de Dieu), le terme « Amen » comporte également un deuxième sens étymologique, à savoir celui de la Vérité… Au sein de cette septième Lettre du premier septénaire apocalyptique, le Christ est Celui qui est « Vérité », qui est authentique, qui dit la vérité, etc[5].

Ainsi, Il met en lumière le besoin de Salut de son auditoire (chacun-e de nous depuis deux mille ans). Pour se faire, Il doit d’abord faire tomber l’illusion d’autosuffisance[6] (d’autoréférence également) dans lesquelles sont enlisés ses destinataires (verset 17)[7]. Le Christ « Vérité » dénonce la tiédeur mortifère et désire le zèle fervent (verset 15)[8]… À cause de son Amour[9] (cf. Ap 3, 19), Il exerce l’exhortation fraternelle[10]… Après avoir fait la vérité sur la réalité pécheresse de l’être humain, de son besoin de Salut (l’être humain est en situation de « pauvreté »), le Christ interpelle la liberté humaine en vue de la conversion ; Il vient offrir sa « Richesse », c’est-à-dire Lui-même, son Salut et tout ce qui en résulte (le partage de sa Victoire, en référence à la Rédemption, à la Filiation Divine, à la Résurrection…).

Et c’est dans cette Lettre que nous retrouvons le célèbre verset suivant (verset 20) : « Voici, je me tiens à la porte et je frappe ; si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui pour souper, moi près de lui et lui près de moi. » Ainsi, le Christ nous offre l’union (communion) avec Lui sous la modalité typiquement chrétienne de l’« inhabitation » (Notre Seigneur veut venir habiter en nous ; nous faire habiter en Lui).

Le Christ est ici « Parole »… Il s’adresse à l’être humain, à sa liberté, afin qu’on lui ouvre la porte… C’est ici que la Communauté de l’Amen discerne sa mission apostolique d’évangélisation… C’est l’interpellation personnalisée qui vise le Salut par la conversion, par l’accueil du Christ et de son Salut. La conversion est à comprendre en termes de commencement, et en termes de cheminement continuel (sanctification). Toujours en mouvement[11] !

À présent, nous comprendrons plus aisément l’emblème communautaire… Nous y retrouvons la Croix, moyen par lequel Notre Seigneur nous a obtenu le Salut… Le Christ est en son centre, tel le Corpus, dans son Offrande Rédemptrice… C’est son « Amen » jusqu’au bout ! De ce « lieu » sotériologique (σωτηρία– sotériasanté : SALUT), le Christ « Amen » interpelle l’être humain et sa liberté… Il frappe ainsi à la porte de chacun et chacune[12]… Il s’offre lui-même avec son Salut… Reprenant une expression de saint Bernard de Clairvaux, nous voyons là la Medius Adventus (Venue Intermédiaire du Christ, située entre sa Première Venue, et son Retour Glorieux). Il est spécialement Présent sous sa forme Eucharistique… Il vient s’offrir à la communion eucharistique (cercle blanc), en plus de la communion spirituelle. Ajoutons à tous ces éléments présents au sein de l’emblème communautaire les couleurs rouge et bleu présentes au sein de la Croix… Cela fait référence à l’Eau et au Sang du Christ… Symboles de sa Miséricorde (Salut) ; il y a également là l’indice du Don de son Esprit Saint. Le bleu représente également Maman Marie, présente à la Croix, dans le Mystère de la Rédemption de l’être humain. Il y aurait d’autres éléments à mettre en relief… Il s’agit ici d’un simple résumé !

Lorsqu’il ou elle porte l’habit « blanc »[13] (symbole du Salut offert par Jésus [cf. Ap 3, 18] ; figure du Baptême chrétien…), avec en son centre l’emblème communautaire, chacun-e des membres de la Communauté de l’Amen affirme une identité, une spiritualité, une mission… Puisse l’« être en acte » rendre témoignage de ce que représente l’habit et l’emblème !!!

 

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[1]     Ce texte biblique fut l’objet formel d’une étude biblique exégétique approfondie (au niveau du second cycle universitaire – la maîtrise).

[2]     La Sainte Écriture, la Parole de Dieu, est bien plus que l’Histoire du Salut ; elle est une histoire racontée « en vue du salut » ! (Cf. Interprétation de la Bible dans l’Église, Commission Biblique Pontificale, Rome, 1994, 1.B.2).

[3]     Cf. Promesse d’Obéissance dans la Divine Volonté et de Radicalité chrétienne.

[4]     Cf. Promesse d’Obéissance dans la Divine Volonté…

[5]     Cf. Promesse de Vérité…

[6]     La méta-tentation de notre époque ! (Cf.  Jean-Paul II, Discours aux évêques de France, Paris, 1er juin 1980, no 3).

[7]     Cf. Promesse de Pauvreté de cœur… L’Unique Nécessaire, le Christ et son Salut, voilà la véritable richesse à accueillir… Pour se faire, nous devons vivre la pauvreté en esprit…

[8]     Cf. Promesse de Radicalité chrétienne… Une identité chrétienne cohérente, rayonnante, etc.

[9]    Cf. Promesse de Consécration à Dieu (Amour de Dieu) & de Fraternité (Amour du Prochain)… C’est le Commandement du « Triple Amour » (cf. Mt 22, 37-39)…

[10]   C’est le binôme « Amour-Vérité », deux qualités inséparables du Cœur de Jésus, toujours présentes dans son être et son agir. Bien que l’on différencie ces deux réalités, à certains égards, il s’agit pourtant d’un binôme inséparable en son traitement. Ce sont en effet deux « qualités » de Dieu, une synthèse harmonieuse en son Cœur. Au sein de l’enseignement officiel de l’Église Catholique, incluant des affirmations çà et là des derniers pontifes romains, cela a été plus d’une fois mis en relief… « Ce n’est que dans la vérité que l’amour resplendit et qu’il peut être vécu avec authenticité. La vérité est une lumière qui donne sens et valeur à l’amour. [...] Dépourvu de vérité, l’amour bascule dans le sentimentalisme. L’amour devient une coque vide susceptible d’être arbitrairement remplie. C’est le risque mortifère qu’affronte l’amour dans une culture sans vérité. Il est la proie des émotions et de l’opinion contingente des êtres humains ; il devient un terme galvaudé et déformé, jusqu’à signifier son contraire. La vérité libère l’amour des étroitesses de l’émotivité qui le prive de contenus relationnels [...]. Un Christianisme de charité sans vérité peut facilement être confondu avec un réservoir de bons sentiments, utiles pour la coexistence sociale, mais n’ayant qu’une incidence marginale. Sans la vérité, la charité est reléguée dans un espace restreint et relationnellement appauvri. » (Benoît XVI, Lettre Encyclique Caritas in Veritate, n° 3-4). « Si l’amour a besoin de la vérité, la vérité, elle aussi, a besoin de l’amour. Amour et vérité ne peuvent pas se séparer. » (Pape François, Lettre encyclique Lumen Fidei, no 27. Voir aussi : pape François, Pas d'hypocrisie, mais un langage évangélique, Messe du matin en la chapelle de la Maison Sainte-Marthe, mardi 4 juin 2013 / Rome, 5 juin 2013 (Zenit.org)).

[11]   Cf. Promesse de Radicalité chrétienne.

[12]   Lorsqu’Il vient « frapper à ma porte », est-ce que je reconnais le Christ Ressuscité, le visage qu’Il prend ? (C’est d’ailleurs ce qui explique le visage indéfini du Christ au sein de l’emblème).

[13]   Ou encore l’épinglette ou la croix conçues à partir du même emblème (pour les membres associé-e-s).

 

© Copyright 2017 – Jean-René Duchesneau, Communauté de l’Amen