Spiritualité

Identité spirituelle (charisme-mission)

En tant que « disciple-missionnaire », chacun(e) des membres internes et membres associés de la Communauté de l’Amen est appelé à la sequela Christi – suivre le Christ – dans sa vie baptismale comportant l’appel à la sainteté. La spiritualité spécifique proposée dans la Communauté de l’Amen est un don de Notre Seigneur, une précieuse aide féconde au sein de ce pèlerinage, en vue de la sanctification de chacun(e). Chacun(e) est en même temps appelé(e) à servir le Christ auprès de son prochain, en s’inscrivant activement dans la mission d’évangélisation à laquelle tout fidèle est convié, avec encore ici des traits spécifiques privilégiés. Disciple-missionnaire, chacun(e) des membres internes et membres associés de la Communauté de l’Amen est appelé à suivre et servir Notre Seigneur au sein d’une même famille spirituelle, une réelle école de don de soi.

L’énoncé du charisme (en bref)

« Ainsi parle l’Amen […]. Voici que je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui ; je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi. » (Ap 3, 14. 20)

Dans l’union amoureuse au Christ, habité par Lui, spécialement contemplé en son « Amen », le disciple s’attache à la Volonté de Dieu, librement choisie et accomplie jusqu’au bout, avec la grâce de Dieu.

Imprégnée par l’esprit des conseils évangéliques (obéissance dans la Volonté Divine, pauvreté de cœur, chasteté), la sequela Christi inclut le binôme « Amour-Vérité », attributs inséparables du Cœur de Dieu.

L’enracinement identitaire toujours plus profond au Christ et à son Église est un appel de tout instant à demeurer tendu vers l’avant en notre condition pèlerine, dans un témoignage authentique et cohérent par l’entièreté de l’être et de la vie.

Au service du Christ « Amen » qui frappe à la porte de tout un chacun(e), l’évangélisation toujours nouvelle vise la rencontre initiale et l’approfondissement relationnel avec Lui, en une dynamique de continuelle conversion.

Présentation sommaire plus détaillée

La Communauté de l’Amen tire son nom de l’Écriture : « Ainsi parle l’Amen […]. » (Ap 3, 14)

La spiritualité (charisme-mission) de la Communauté de l’Amen – ce qui en constitue son but, son identité propre – est issue d’un don de Dieu, à partir d’une expérience fondatrice initiale, éclairée par la Parole de Dieu (cf. Ap 3, 14-22), se déployant au long des années en un appel vécu concrètement au quotidien. Cette spiritualité spécifique a par ailleurs été considérée selon un rigoureux exercice de réflexion théologique. Les membres internes et les membres associés ont recours à divers outils internes davantage élaborés qu’ici, en cet abrégé élémentaire.

La Communauté de l’Amen réunit « contemplation » et « action ». Chacun des deux aspects est vécu distinctement (temps alloué pour l’un[1] et l’autre aspect) et en synergie : nous envisageons par ailleurs l’expérience contemplative au sein même de l’action apostolique[2]. La nette dominante pour le volet apostolique (évangélisation) est donc l’occasion de vivre une certaine expérience contemplative. Il s’agit d’unir « Marthe et Marie » : faire des choses pour le service de Jésus, tout en demeurant avec Lui, à son écoute, en prière…

Typologie spirituelle

« Voici que je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui ; je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi. » (Ap 3, 20)

Dans une dynamique croissante d’union amoureuse au Christ (spiritualité unitive), le disciple lui a ouvert la porte de son être et de sa vie. Il désire lui être uni selon la modalité typiquement chrétienne de l’inhabitation (spirituelle et eucharistique)[3]. Cette union progressive s’inscrit dans la réalisation même du salut, d’où une nécessaire continuelle conversion, fruit de la Grâce Divine et de la collaboration active du disciple (une spiritualité de l’Alliance, du salut, de la conversion).

« Ainsi parle celui qui est l’Amen, le témoin fidèle et vrai, le principe de la création de Dieu […]. » (Ap 3, 14)

Dans une dynamique progressive de ressemblance au Verbe (spiritualité de conformation[4]), la figure programmatique du Christ « Amen »[5] est un appel à vivre avec le Christ-Vérité (qui est aussi le Christ-Amour, cf. Ap 3, 19), dans son union de volonté au Père. Par son « Ainsi soit-il », le Christ adhère activement et pleinement en tout son être et sa vie à la Volonté Divine. Celle-ci concerne le Projet d’Amour-Bonheur que Dieu a pour l’être humain, ce qui inclut notre salut (Rédemption, Adoption filiale). Bref, comme le Christ en toute sa vie, et de manière exemplaire au cœur du Mystère Pascal[6], rechercher-discerner la Volonté de Dieu en tout[7], y adhérer pleinement, pour notre réel bien et celui du prochain, voilà un continuel lieu de rendez-vous pour le disciple.

« Voici que je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix […]. » (Ap 3, 20)

Au service du Christ dans une spiritualité apostolique (missionnaire)… La Communauté de l’Amen s’inscrit dans la grande mission d’évangélisation de l’Église, reçue par mandat missionnaire de Jésus : « Allez donc ! De toutes les nations faites des disciples […]. » (Mt 28,19-20) L’Église existe en effet pour évangéliser[8]! L’évangélisation est toujours nouvelle : c’est nouveau à chaque fois, pour chacun des destinataires ! La mission d’évangélisation vise ici la rencontre initiale avec le Seigneur, ainsi que le continuel approfondissement relationnel avec Lui (une spiritualité de l’Alliance, du salut, de la conversion). Mû par l’Esprit-Saint, l’évangélisateur est un « porte-Parole » du Christ, afin de faire entendre son appel, Lui qui frappe à la porte de tous les cœurs, chacun en particulier. C’est l’annonce personnalisée de la Bonne Nouvelle du Salut[9] !

Les sept « Amen » (promesses)

Préalablement à la brève présentation des promesses elles-mêmes, il sera utile de mettre en relief quelques considérations… L’ensemble de la spiritualité spécifique proposée dans la Communauté de l’Amen est un tout organique, chacune des parties étant en interrelation synergique[10]. Ainsi, les sept promesses sont à considérer en lien avec tout ce qui précède (par exemple, on peut se référer au sous-bassement biblique Ap 3, 14-22 ; ou encore à la typologie spirituelle utilisée en cet abrégé).

La fête de la Communauté de l’Amen est le 1er novembre, en la solennité de la Toussaint. La communion des saints (incluant spécialement la vocation unique de Marie, la Mère de Dieu, qui par son Fiat s’est unie à son Fils Notre Seigneur Jésus-Christ, l’Amen du Père) est une importante dévotion dans la Communauté de l’Amen. Y est contemplée la sainteté des membres du Peuple de Dieu vécue dans l’unicité et la complémentarité. Chacun(e) des membres internes et membres associés, en même temps que de s’insérer dans une famille spirituelle aux couleurs spécifiques, comprend l’importance de rendre honneur à son identité propre, telle voulue par Dieu. Un être en devenir selon les vues de Dieu, la meilleure version de soi-même : « ainsi-soit-le ! ». En référence à l’appel universel à la sainteté personnelle, les engagements annuels des membres internes et des membres associés se font à même la célébration eucharistique de ce jour. Chacun(e) prononce sept promesses – engagements de nature privée – adressées au Seigneur, en communauté. Par cet acte libre et personnel, chacun(e) exprime ainsi son lien officiel d’appartenance à la Communauté de l’Amen.

Le schéma ci-dessous illustre une articulation des promesses selon une certaine logique interne. Bien que chacune des promesses est une proposition en soi, nous voyons qu’il y a des sous-groupes qui eux aussi constituent un appel. Ainsi, les deux premières promesses considérées ensemble correspondent au grand Commandement, celui du « Triple Amour » (cf. Mt 22, 37-39). Un autre sous-ensemble est à considérer à partir des trois premières promesses : elles forment le binôme « Amour-Vérité », des attributs du Cœur de Dieu vécus à l’unisson – l’un n’opérant jamais sans l’autre[11]. Les trois promesses suivantes sont bien connues : les conseils évangéliques… Il y a là un appel à vivre l’esprit de ceux-ci, quel que soit l’état de vie (pour tous les membres internes et membres associés)[12]. Les membres du volet interne choisissent librement – par engagements privés – de vivre ces conseils ayant pour modèle le Christ en sa vie quotidienne concrète.

Schéma des engagements

Promesse de Consécration à Dieu (baptismale[13]) : le Primat de l’Amour de Dieu aimé par-dessus tout. L’Amour est, en son essence, relationnel (Dieu en lui-même, et en tant que point de départ et d’arrivée pour l’humanité). C’est un « mouvement », une « circulation », au sein même de la Trinité ; un Don inclusif de l’humanité. L’amour de donation, d’abord reçu (1 Jn 4, 19), doit poursuivre sa route : être donné encore et encore… Lorsque notre cœur cesse de participer à cette circulation, il n’est lui-même plus nourri : il se dessèche, il se refroidit, il risque de s’éteindre… Il s’agit de se rappeler quotidiennement la dimension filiale de notre baptême. Envisager la finalité relationnelle bienheureuse pour laquelle nous sommes créés permet de bien situer la vie présente. Quel que soit l’état de vie, la vocation particulière, tout doit être ordonné à cette fin ! Ultimement, les réalités et les états transitoires ne seront plus. Unis à Lui, unis en Lui, dans son Royaume, pour toujours !

Promesse de Fraternité : aimer le prochain et soi-même par/selon l’Amour même de Dieu. Un « lieu » de cheminement en vue de la sainteté est le domaine des authentiques relations interpersonnelles, appelées à être vécues avec beaucoup de maturité psychoaffective et spirituelle. Dans la première épître johannique (cf. 1 Jn 4, 19-21), l’amour du prochain est pour ainsi dire le lieu de vérification de la véracité de notre amour de Dieu. De plus, dans l’Évangile johannique (cf. Jn 15, 12-15), le Seigneur lui-même précise jusqu’où doit nous conduire l’amour du prochain : le don de notre vie. L’amour auquel nous sommes appelés inclut même celles et ceux que l’on considère comme nos « ennemis » (cf. Mt 5, 44 ; Lc 6, 27-38). « Ne te laisse pas vaincre par le mal, sois vainqueur du mal par le bien. » (Rm 12, 21)

Promesse de Vérité : elle concerne à la fois la quête de vérité objective alliant la foi et la raison (Fides et Ratio), l’allégeance ultime au Christ « Chemin, Vérité, Vie » (cf. Jn 14, 6), ainsi que le désir de vivre en vérité sous le Regard de Dieu et avec le prochain. Dit autrement, chercher le Vrai (l’un des transcendantaux mettant en scène la ratio), adhérer de tout cœur à la Vérité qu’est le Christ (fides qua, fides quae)[14], se connaître en vérité sous le Regard de Dieu[15], être vrai (authenticité), dire la vérité (franchise)… Et tout cela, toujours vécu dans la Charité.

Promesse d’Obéissance (dans la Volonté Divine)[16]: plus qu’un conseil évangélique, il y a ici un rappel identitaire (Communauté de l’Amen). Relire au besoin ce qui a déjà été esquissé à grands traits lorsqu’il fut question de la spiritualité de conformation au Christ « Amen ».  Que la volonté de Dieu soit maîtresse dans nos vies : il s’agit d’inscrire notre vie et notre être dans le dynamisme du Christ « Amen », dans l’union de notre volonté à Celle de Dieu. L’obéissance doit toujours être référée à la Volonté de Dieu, d’où la nécessité de bien la connaître, de bien la discerner. La fonction de gouvernance de l’Église, du conseiller spirituel, de la Communauté de l’Amen, etc., ce sont là des médiations d’autorité qui ont leur seule pertinence en tant qu’elles réfèrent au Vouloir Divin, à son service[17].

Promesse de Pauvreté (de cœur)[18]: cette disposition du cœur permet d’être adéquatement situé en sa propre condition d’existence (rapport à soi), en considération d’un juste rapport à l’« altérité » (Dieu, la Création, le Prochain). D’emblée, l’être humain se reçoit de Dieu, créé « ex nihilo » (à partir de rien, tirant du néant son existence). Il est la Source de tout bien. C’est Lui la Source, le Tout d’où provient l’existence. Sans Lui, nous ne sommes qu’un pur « néant » (rien). Même s’il y a un reflet de Dieu en notre humanité, chacun(e) est un être à sauver (la conscience de notre besoin de salut). Nous recevons de Dieu le Salut. L’être pauvre pécheur ne peut être enrichi que par Celui qui possède la seule véritable richesse dont il a besoin. « Car nous n’avons rien apporté dans le monde et de même nous n’en pouvons rien emporter. » (1 Tm 6, 7) La liberté intérieure par rapport à toutes les réalités créées[19]: au regard de la finalité pour laquelle est fait l’être humain, il est impératif de toujours opter en faveur de tout ce qui rapproche de cette finalité ; et de se défaire de toute attache nuisible à cette même finalité. Ainsi, par une dynamique de « désappropriation » (bien distinguer la fin et les [bons] moyens), le disciple du Christ mobilise son cœur vis-à-vis des réalités qui ne passeront point (tout vivre en Dieu). D’un cœur reconnaissant, je reçois tout de Dieu. Et à son exemple, je suis aussi appelé à me donner par amour, en offrant ce que j’ai de meilleur : être en se donnant[20]. Cette fécondité implique le renoncement à soi : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. » (Mt 16, 24). Suivre le Christ dans l’offrande de sa vie, Lui qui a tout donné.

Promesse de Chasteté [21]: le disciple est un être de relation, fait pour le don fécond multiforme, appelé à la vocation universelle de la sainteté, dans la perfection de la Charité. Dans son rapport à soi et au prochain, chacun(e) est appelé(e) à être « christifié(e) », orientant ainsi son être et son agir (spécialement son affectivité et sa sexualité) selon les vues de Dieu[22], ce qui implique la loi du renoncement, élément inhérent au combat spirituel que doivent mener tous les disciples du Christ. « L’alternative est claire: ou l’homme commande à ses passions et obtient la paix, ou il se laisse asservir par elles et devient malheureux (cf. Si 1,22)[23]. » Ainsi donc, la maîtrise de soi est ordonnée au don de soi[24], afin que ce don relationnel respecte la dignité de la personne humaine. La chasteté est donc une école de relation, de don et de fécondité.

Promesse de Radicalité chrétienne : l’enracinement identitaire dans le Christ est reconnu comme le fondement central de l’existence du disciple. La foi n’est pas qu’une simple réalité accessoire, c’est notre vie ! Cela implique tout ce que je suis, tout ce que je vis, tout ce que je fais, toujours, à chaque instant ! C’est la totalité de mon être et de ma vie, totalement ! Conscient de la loi de la gradualité[25], le disciple est appelé à une continuelle croissance vers sa finalité. Il s’engage à toujours être en marche, par sa collaboration active à la grâce sanctifiante, tout en respectant sa propre rythmicité[26]. Il dépasse la logique de consommation du religieux-spirituel (réception et « jouissance gustative ») afin d’entrer en une logique d’approfondissement (la nourriture solide) : aller jusqu’au bout de son engagement à la suite du Christ, en Église, quoi qu’il en coûte. Le disciple aime l’Église, sa grande famille ! Le disciple s’engage à offrir au monde et à l’Église un témoignage de vie authentique et cohérent. Témoigner par l’être est la condition sine qua non pour que soit crédible le témoignage en paroles (l’évangélisation) !

Les moyens (relatifs à la finalité visée)

La Communauté de l’Amen poursuivant le double objectif de la sanctification de ses membres internes et membres associé(e)s, et de la mission d’évangélisation, se donne des moyens auxiliaires privilégiés – mais non exclusifs – ordonnés à cette fin[27].

* Relatifs à la sanctification de ses membres internes et membres associé(e)s (énumération non restrictive)…

Évitant toutes formes de « ghettoïsation », la Communauté de l’Amen en réfère au moyen fondamental qui est le même pour tous : LA Communauté, le Peuple de Dieu, l’Église catholique. Ainsi, chacun(e) a la responsabilité personnelle de s’abreuver à la Source – le Seigneur – par son Église, Don de Dieu fait à l’humanité[28], dispensatrice de la Rédemption : la Sainte Liturgie, la vie sacramentelle, la vie de prière (communautaire et personnelle), le recours à la triple fonction des ministres ordonnés (gouverner-enseigner-sanctifier), l’enseignement officiel de l’Église, etc.

Ici, incorporée au Corps Mystique du Christ, membre de Celui-ci, la Communauté de l’Amen désire être un « lieu d’Église » où on pourra y puiser les trésors de cette dernière (par exemple, la vie de prière personnelle et communautaire, avec spécialement l’adoration eucharistique, le recours aux sacrements, l’enseignement officiel de l’Église, etc.).

Par ailleurs, la spiritualité spécifique proposée et vécue dans la Communauté de l’Amen constitue d’emblée un moyen de cheminement humain et spirituel balisé, appuyé sur la grâce particulière reçue de Dieu, confirmée en référence à la tradition spirituelle bimillénaire de l’Église du Christ[29].

La Communauté de l’Amen se fera un devoir impératif de veiller à la formation permanente pluridisciplinaire[30] de ses membres internes et membres associé(e)s – visant les différentes dimensions constitutives de l’être humain[31]. En plus de contribuer à la sanctification des membres internes et membres associé(e)s, ladite formation aura également pour objectif de servir la mission d’évangélisation.

Nous voyons aussi la vie fraternelle – les relations vécues en Dieu – comme lieu important de la suite du Christ pour chacun(e). Chemin faisant, ensemble dans le pèlerinage, nous avançons avec l’aide des frères et sœurs. Cela implique le nécessaire exercice des talents et charismes de chacun(e), bénéfique à l’ensemble de la Communauté et des destinataires de sa mission d’évangélisation.

* Relatifs à la mission de la Communauté, à laquelle participent ses membres internes et membres associé(e)s (énumération non restrictive) …

D’entrée de jeu, tous les talents, dons et charismes que Dieu a donnés à chacun(e) sont destinés à servir la mission d’évangélisation toujours nouvelle ! La Communauté accueille avec joie le don de chacun(e), et voit l’importance d’offrir à chacun(e) l’accompagnement adéquat pour que ces dons portent du fruit en abondance. D’ailleurs, l’évangélisation débute au sein même de la Communauté !

Inspirée par l’exemple de Jésus lors de sa mission publique, l’évangélisation pourrait ainsi se définir selon deux perspectives complémentaires… D’une part, il y a l’annonce générale « tout public » (à titre illustratif, la prédication de Jésus lors du Sermon sur la montagne). D’autre part, il y a tout ce qui est suscité lors des rencontres interpersonnelles. Combien de fois voyons-nous Jésus « répondre » aux besoins de ses destinataires, çà et là, chemin faisant ! L’évangélisation s’accomplit en étant attentif au besoin de l’interlocuteur en présence. Bref, qu’il s’agisse de rencontres individuelles ou publiques, la Communauté restera toujours attentive aux besoins en présence (généraux pour tous, particuliers et personnalisés pour les uns, les autres)[32].

La mission d’évangélisation inclut l’animation de diverses activités pieuses et activités de ressourcement (soirée de prière, journée de ressourcement, retraite, conférence, cours…). Ainsi, par exemple, l’apostolat peut mettre à profit les talents-charismes musicaux (animation musicale, voix et instruments), les compétences liturgiques, l’exercice de la parole sous diverses formes (témoignage, prédication, enseignement…). La formation et l’éducation de la foi – par exemple des adultes – font également partie de ce qu’offre la Communauté ; sans oublier l’accompagnement spirituel personnalisé pour qui en aurait besoin.

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[1]     À chaque jour, nous avons des temps consacrés à la prière personnelle et communautaire.

[2] « Le missionnaire doit être « un contemplatif en action ». […] Le missionnaire, s’il n’est pas un contemplatif, ne peut annoncer le Christ d’une manière crédible; il est témoin de l’expérience de Dieu et doit pouvoir dire comme les Apôtres: « Ce que nous avons contemplé…, le Verbe de vie…, nous vous l’annonçons » (1 Jn 1, 1-3). » (Jean-Paul II, « Le véritable missionnaire, c’est le saint », Lettre encyclique Redemptoris Missio, n° 91)

[3] Cf. Jn 14, 23 ; Jn 6, 56 ; Galates 2, 20 ; etc.

[4] « Ceux que d’avance il a connus, il les a aussi prédestinés à être conformes à l’image de son Fils, afin que celui-ci soit le premier-né d’une multitude de frères […]. » (Rm 8, 29)

[5] Le terme « Amen » est passé de l’hébreux  « aman » (verbe – racine hébraïque : être sûr, solide, fidèle, tenir ferme, digne de foi, croire, adhérer dans la confiance), au grec « Amh,namèn » (pistos – foi et alièthinos – vérité), puis traduit en français sous la forme que l’on connaît actuellement. Amen : « C’est vrai ! Oui, je le veux ! ».

[6] Spécialement lors de son agonie à Gethsémani – Jésus s’en remet à la Volonté du Père (cf. Mt 26, 39, 42, 44 ; Mc 14, 36, 39, Lc 22, 42) – et lors de la Crucifixion sur le Mont Golgotha – Jésus remet son Esprit au Père (cf. Mt 27, 33 ; Mc 15, 22 ; Jn 19, 17). La Dernière Cène contient déjà la totalité du Mystère Pascal.

[7] « […] ne vous modelez pas sur le monde présent, mais que le renouvellement de votre jugement vous transforme et vous fasse discerner quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, ce qui lui plaît, ce qui est parfait. » (Rm 12, 2) La Volonté de Dieu revêt à la fois une dimension universelle, générale, pour tous (il s’agit de la Révélation, la Loi Divine); à la fois une dimension personnelle et singulière pour chacun(e) (il s’agit de la conduite providentielle de Dieu au quotidien… Ici, il peut s’agir par exemple de devoir discerner entre deux biens… Sont concernés le don de Conseil de l’Esprit, l’accompagnement de l’Église, etc.).

[8] Cf. Paul VI, Exhortation apostolique Evangelii nuntiandi, 8 décembre 1975.

[9] Dans la Communauté de l’Amen, il y a une importante distinction entre, d’une part, la spiritualité spécifique qu’elle se propose de vivre (proposée pour ses membres internes et membres associés) ; et d’autre part, l’objet de l’annonce évangélique pour tous : la Bonne Nouvelle elle-même. La mission d’évangélisation est d’emblée relative à cette dernière. Elle a pour destinataires le monde (la mission Ad gentes) et les membres de l’Église (la dimension pastorale qui vise la réforme permanente de l’Église en la sanctification de ses membres). Tous publics, tout-un-chacun(e), est le « lieu » de notre appel !

[10] Ici, se confirme le principe aristotélicien selon lequel « la totalité est plus que la somme de ses parties ».

[11] Un exemple parmi d’autres… Lorsque le Christ met en lumière l’état pécheur de l’être humain, Il le fait par/avec son Amour, en vue de susciter le repentir, l’accueil de sa miséricordieuse Rédemption, notre Salut. Bien plus, c’est son Amour qui fait la Vérité, laissant apparaître tout ce qui n’est pas Amour, tout ce qui y est opposé ; donc tout ce qui a besoin d’être sauvé. Et du coup, s’il est accueilli, cet Amour miséricordieux vient opérer le Salut.

[12] Cf. Jean-Paul II, « Pour un dynamisme spirituel et apostolique renouvelé », Exhortation apostolique Vita Consecrata, n° 55.

[13] « Les baptisés en effet par la régénération et l’onction du Saint-Esprit sont consacrés pour être une demeure spirituelle et un sacerdoce saint […] » (Constitution dogmatique sur l’Église, Lumen gentium, n° 10 ; voir aussi le Catéchisme de l’Église catholique, n° 784).

[14] Le christianisme est fondamentalement une rencontre et une relation transformante avec le Seigneur ; tout le reste (la doctrine, les mœurs…) trouve ensuite sa pertinence.

[15] Considérée tel un « socratisme chrétien », ce thème est privilégié chez de nombreux spirituels de notre Église (une sainte Catherine de Sienne par exemple).

[16] Ce conseil est spécialement à considérer comme la réponse à donner au sein du bon combat à mener contre l’orgueil de la vie (cf. 1 Jn 2,16).

[17] Dans l’Église, gouverner, c’est servir (cf. Constitution dogmatique sur l’Église, Lumen gentium, n° 27 et 32 ; voir aussi Catéchisme de l’Église Catholique, n° 786, 1903, 2039). Le service d’autorité veillera à éviter toute forme de pouvoir exercé tel un rapport de force, telle une domination sur l’autre. En contrepartie, on veillera à éviter l’insubordination chaotique – l’ordre hiérarchique de l’Église est à accueillir avec gratitude. Dans la Communauté de l’Amen, l’unité sera recherchée dans l’entraide visant à tendre toujours plus vers la Volonté de Dieu, désirable, parce qu’Elle vise le Bien et le Bonheur réel de l’être humain.

[18] Ce conseil est spécialement à considérer comme la réponse à donner au sein du bon combat à mener contre la convoitise des yeux (cf. 1 Jn 2,16).

[19] La nature a horreur du vide, disons-nous à la suite d’Aristote… Le cœur humain est fait pour être habité : de quoi (ou plutôt de qui) voulons-nous être la demeure ?

[20] Cf. Jean-Paul II, « Vocation », Exhortation Apostolique Redemptionis Donum, n° 20-22.

[21] Ce conseil est spécialement à considérer comme la réponse à donner au sein du bon combat à mener contre la convoitise de la chair (cf. 1 Jn 2,16).

[22]  « La pureté du cœur […]. Dès aujourd’hui, elle nous donne de voir selon Dieu, de recevoir autrui comme un « prochain »; elle nous permet de percevoir le corps humain, le nôtre et celui du prochain, comme un temple de l’Esprit Saint, une manifestation de la beauté divine. » (Catéchisme de l’Église Catholique, n° 2519)

[23] Catéchisme de l’Église Catholique, n° 2339 (14). Ajoutons : selon la perspective sanjuaniste, la corporéité (les sens, incluant les pulsions et l’affectivité) doit être sous la mouvance de l’esprit (raison, volonté) : dynamisme d’humanisation. Et l’esprit doit être sous la mouvance de l’Esprit-Saint : dynamisme de divinisation. Conséquemment, c’est tout l’homme qui est ordonné et orienté selon les vues de Dieu. Soyons chacun(e) « enfant de Dieu » les uns vis-à-vis les autres !

[24] Cf. Catéchisme de l’Église Catholique, n° 2346 (37).

[25] Ce principe a été abordé lors du synode sur la famille en 1980 et a ensuite été développé dans l’exhortation apostolique Familiaris Consortio en 1981.

[26] La vie relationnelle fraternelle est un lieu privilégié pour aider à progresser sur le chemin de la sainteté. Respectueux du rythme de croissance singulier de chacun(e), les frères et sœurs de la Communauté sont coresponsables du cheminement des uns et des autres. 

[27] Il s’agit ici d’un simple aperçu… La Communauté de l’Amen se donne d’autres outils internes, davantage développés.

[28] L’Église, en ses Dons, selon la double modalité « hiérarchique-charismatique » (cf. Cardinal Müller et Mgr Luis Ladaria, Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Lettre Iuvenescit Ecclesia, 15 mai 2016).

[29] Bien que la spiritualité de la Communauté de l’Amen soit éminemment singulière, avec ses couleurs propres, elle se situe au sein de l’Unique Révélation. Sise en ce cadre, son originalité est à envisager en termes de « recette », non au niveau des ingrédients eux-mêmes… Ces derniers ont déjà fait leurs preuves plus d’une fois au sein de la Tradition spirituelle et religieuse. À titre illustratif, un saint François d’Assise n’a pas « inventé » la pauvreté évangélique qu’il chérissait tant… Pourtant, en son contexte et en son époque, sa manière propre d’incarner ce conseil évangélique, ainsi que l’adjonction complémentaire « missionnaire », etc., tout cela a beaucoup apporté à l’Église… Cette « recette franciscaine » répond encore aujourd’hui à des besoins, à des appels. Sans prétention, la Communauté de l’Amen désire elle aussi être utile à la vie de l’Église.

[30] Théologique, philosophique, spirituelle, liturgique, etc.

[31] La formation du disciple se vit d’abord tout naturellement au cœur de l’expérience quotidienne concrète. S’ajoutent ensuite les formations thématiques plus formelles.

[32] La Communauté de l’Amen se voit au service de Dieu, en son Église. Conséquemment, les besoins (demandes) exprimés par l’Église sont considérés avec joie. De plus, la collaboration avec d’autres ressources ecclésiales est elle aussi bienvenue.

 

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