Spiritualité

En résumé

Une manière parmi d’autres de la résumer (un résumé relatif à d’autres documents totalisant plus de 150 pages[1])…

À partir d’une inspiration fondatrice, une spiritualité expérimentée au quotidien, issue d’un vécu concret ; élaborée (avec de solides références crédibles et reconnues) depuis plus de quinze ans…

Il y a d’emblée une référence à un passage de la Sainte Écriture (un sous-bassement biblique de la spiritualité) : Ap 3, 14-22. Çà et là, il y a des notions spirituelles qui s’inspirent de ce passage biblique.

1- Spiritualité unitive [communion-inhabitation] et de conformation [qui nous rend conforme[2]] – une « union conformante » – au Christ « Amen », l’« Ainsi soit-il » à la Volonté Divine… Donc, l’union des volontés (la nôtre unie à Celle de Dieu)… En bref, c’est un appel à vivre notre vie de chaque instant dans la Divine Volonté [3] (en constante référence à Celle-ci qui est spécialement Amour-Vérité [Miséricorde], Salut pour nous[4]). Nous sommes vaillamment et fermement engagés en un pèlerinage – celui de cette vie – ayant pour nourriture et horizon Notre Seigneur et sa Divine Volonté !

2- Spiritualité apostolique… De cette union au Christ « Amen », vivant comme la Très Sainte Vierge Marie notre « amen »[5] dans le Sien, nous sommes appelés, à sa suite, à son exemple (cf. Ap 3, 20) et en son Nom, à une évangélisation « interpellante »[6] toujours nouvelle (chaque personne destinataire de la Bonne Nouvelle est unique… L’appel de Dieu revêt donc un aspect personnel et singulier lorsqu’il s’offre à chacun-e). L’évangélisation a ici pour caractéristique majeure de toujours inviter à ce mouvement de conversion, de cheminement, de tension vers l’avant… Tout cela dans la dynamique relationnelle du Salut offert par Notre Seigneur. Mettre initialement en marche (favoriser la rencontre première avec le Seigneur), encourager la continuelle progression de celle-ci (lorsque déjà amorcée), etc. Voilà le but : jamais d’immobilisme, toujours tendu vers le Seigneur ! Cela rejoint la notion d’« épectase »[7], terme grec « evpekteino,menoj » que l’on retrouve dans une expression paulinienne : « […] je dis seulement ceci : oubliant le chemin parcouru, je vais droit de l’avant, tendu de tout mon être, et je cours vers le but[[8]], en vue du prix que Dieu nous appelle à recevoir là-haut, dans le Christ Jésus[[9]]. » (Philippiens 3, 13-14) Cette tension rejoint une autre notion classique dont parlent plus d’un spirituel de la Tradition bimillénaire de notre Église, dont l’illustre saint Augustin, à savoir le « désir » de Dieu inscrit en nous, telle une quête native locomotrice qui nous pousse vers Dieu. Réveiller, stimuler ce désir, c’est tellement important !

La mission d’évangélisation a ici deux types de « destinataires » :

Ad extra [destinataire : le monde] : l’Église en sa dimension constitutive missionnaire universelle (vers toutes les nations ; cf. Mc 16, 15; Mt 28, 19).

Ad intra [destinataire : l’Église en ses membres] : il s’agit ici de viser la réforme permanente de l’Église en la sanctification de ses membres[10] (exemple référentiel néotestamentaire : Lettres aux Églises Ap 2-3, spécialement le sous-bassement biblique de la spiritualité communautaire en Ap 3, 14-22 – voir « Qui sommes-nous ? / Emblème » ).

3- Les sept promesses : Vérité, Consécration à Dieu (baptismale), Fraternité, Obéissance dans la Divine Volonté, Pauvreté de cœur, Chasteté, Radicalité chrétienne. Au sein des trois conseils évangéliques classiques, une attention particulière est accordée à la Promesse d’Obéissance dans la Divine Volonté [11]… Nous retrouvons là un accent majeur de la spiritualité vécue dans la Communauté de l’Amen. C’est là un rappel : conserver la première place à Dieu, à sa Volonté Divine, à mon union à Celle-ci… J’inscris ma vie et mon être dans le dynamisme du Christ « Amen », dans l’union de volonté… En plus des trois conseils évangéliques classiques, les trois premières promesses (Vérité, Consécration à Dieu, Fraternité) nous reconduisent au continuel rendez-vous du binôme « Amour-Vérité »[12]. En plus du plus grand Commandement, celui du « Triple Amour » (cf. Mt 22, 37-39), ma promesse de vérité concerne à la fois ma quête de vérité objective[13] alliant la foi et la raison (Fides et Ratio), mon allégeance ultime au Christ « Chemin, Vérité, Vie » (cf. Jn 14, 6), ainsi que mon désir de vivre en vérité sous le Regard de Dieu et avec mon prochain. En résumé, chercher le Vrai (l’un des transcendantaux mettant en scène la ratio), adhérer de tout cœur à la Vérité qu’est le Christ (fides qua, fides quae)[14], se connaître en vérité sous le Regard de Dieu[15], être vrai (authenticité), dire la vérité (franchise)… Et tout cela, toujours vécu dans la Charité. Finalement, la septième et dernière promesse nous rappelle l’importance d’assumer pleinement, de manière cohérente et conséquente, notre identité fondamentalement chrétienne catholique, d’être toujours en cheminement jusqu’au bout au sein du pèlerinage ici-bas… C’est la radicalité chrétienne !

4- La Sequela Christi quotidienne (ou règles de vie)… POUR LES MEMBRES ET ASSOCIÉ-E-S…

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[1]     Ces derniers sont destinés à un usage interne à la Communauté de l’Amen (membres et associé-e-s). Donc, à quelques exceptions près, ces écrits sont demeurés au sein du for interne de la Communauté. Pour le moment, il n’est pas de notre intention de publier ces textes, ni de s’en servir à des fins « publiques ». Les personnes ayant eu en leur possession cette documentation plus détaillée respectent le caractère privé de celle-ci (ce qui inclut le droit de propriété intellectuel).

[2]     « Ceux que d’avance il a connus, il les a aussi prédestinés à être conformes à l’image de son Fils, afin que celui-ci soit le premier-né d’une multitude de frères […]. » (Rm 8, 29) En tant que « Premier-né d’entre les morts » (cf. Col 1, 15-18 ; Ap 1, 5), le Christ est la forme exemplaire de l’humanité rachetée. (Cf. C.-A. Bernard, s.j., Le Dieu des mystiques II. La conformation au Christ, Paris, Cerf, 1998, p. 329).

[3]     *Saint Paul : « […] ne vous modelez pas sur le monde présent, mais que le renouvellement de votre jugement vous transforme et vous fasse discerner quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, ce qui lui plaît, ce qui est parfait. » (Rm 12, 2)

*La Divine Volonté… Ce thème de l’union de volonté, traité sous différents angles, a été plus d’une fois mis en relief au sein de l’enseignement officiel de l’Église Catholique, ainsi que de la vaste tradition spirituelle bimillénaire de l’Église Catholique (il y a ici de grandes figures spirituelles emblématiques telles que, par exemple, Charles de Foucauld, Thérèse d’Avila, François de Sales, Ignace de Loyola, Catherine de Sienne, etc.).

[4]     La sanctification s’effectue par l’Amour au sein de la relation toujours actuelle avec Dieu : « On ne peut ici disjoindre du Donateur le don reçu, comme si, une fois possédé, le don pouvait opérer par lui-même. » (C.-A. Bernard, s.j., Le Dieu des mystiques I. Les voies de l’intériorité, Paris, Cerf, 1994, p. 402-403). Le « […] dynamisme même de la vie spirituelle qui est tendance continue vers une plus grande union à Dieu. » (C.-A. Bernard, s.j., Traité de théologie spirituelle, Paris, Cerf, 1986, p. 198).

[5]     Le « fiat » est une traduction latine qui origine du mot hébreu « aman » ; ce terme avait été traduit dans la Septante par le mot grec ge,noito… Ce sont les versions latines de l’Ancien Testament se basant sur la Septante qui ont traduit ge,noito par fiat. Lorsque saint Jérôme fit sa traduction latine de la Vulgate, il partit du texte hébreu et restitua partout amen. En effet, ce mot était désormais devenu partie de la langue commune, il n’était plus un mot étranger. (Cf. Dom Fernand Cabrol, « Amen », Dictionnaire d’archéologie chrétienne et de liturgie (DACL), Tome premier : première partie, Paris, Letouzey et Ane Éditeurs, 1907, col.1554, col. 1554).

[6]     Une évangélisation « interpellante »… « L’Église de Pentecôte est une Église qui ne se résout pas à être inoffensive, trop “distillée”. Elle ne se veut pas un élément de décoration. C’est une Église qui n’hésite pas à sortir, à aller à la rencontre des gens, pour annoncer le message qui lui a été confié, même si ce message dérange ou inquiète les consciences, même s’il peut être source de problèmes ou nous conduire au martyre ». (Pape François, Regina Coeli du 8 juin 2014, Zénit, https://fr.zenit.org/articles/l-eglise-veut-les-chretiens-libres/).

[7]     Cette notion sera d’ailleurs spécialement mise en valeur chez Grégoire de Nysse, afin d’exprimer le progrès de l’homme vers Dieu…

[8]     La finalitéΤέλος (telos). L’eschaton personnelἔσχατον (éskhaton), ἔσχατος (éskhatos).

[9]     « Le vainqueur, je lui donnerai de siéger avec moi sur mon trône, comme moi-même, après ma victoire, j’ai siégé avec mon Père sur son trône. » (Ap 3, 21)

[10]   « Comme l’a justement rappelé le pape François, “L’Église doit toujours être réformée, “Ecclesia semper reformanda”, parce que les membres de l’Église sont toujours des pécheurs et ont besoin de conversion” ». [« Le Temple et le cœur », par Mgr Francesco Follo, commentaire sur les lectures de la messe du dimanche, 4 mars 2018, Zenit : https://fr.zenit.org/articles/le-temple-et-le-coeur-par-mgr-francesco-follo/] Voir aussi : Congrès international à l’Université pontificale urbanienne sur le thème « Réforme au sein de l’Église, réforme de l’Église » 13 au 15 mars 2018.

[11]   « Il ne s’agit pas seulement ici de se mettre à l’écoute d’un enseignement et d’accueillir dans l’obéissance un commandement ; plus radicalement, il s’agit d’adhérer à la personne même de Jésus, de partager sa vie et sa destinée, de participer à son obéissance libre et amoureuse à la volonté du Père. » (Jean-Paul II, Lettre encyclique Veritatis Splendor  – « viens, suis-moi », no 7).

[12]   Bien que l’on différencie ces deux réalités, à certains égards, il s’agit pourtant d’un binôme inséparable en son traitement. Ce sont deux « qualités » de Dieu, une synthèse harmonieuse en son Cœur. Au sein de l’enseignement officiel de l’Église Catholique, incluant des affirmations çà et là des derniers pontifes romains, cela a été plus d’une fois mis en relief… « Ce n’est que dans la vérité que l’amour resplendit et qu’il peut être vécu avec authenticité. La vérité est une lumière qui donne sens et valeur à l’amour. […] Dépourvu de vérité, l’amour bascule dans le sentimentalisme. L’amour devient une coque vide susceptible d’être arbitrairement remplie. C’est le risque mortifère qu’affronte l’amour dans une culture sans vérité. Il est la proie des émotions et de l’opinion contingente des êtres humains ; il devient un terme galvaudé et déformé, jusqu’à signifier son contraire. La vérité libère l’amour des étroitesses de l’émotivité qui le prive de contenus relationnels […]. Un Christianisme de charité sans vérité peut facilement être confondu avec un réservoir de bons sentiments, utiles pour la coexistence sociale, mais n’ayant qu’une incidence marginale. Sans la vérité, la charité est reléguée dans un espace restreint et relationnellement appauvri. » (Benoît XVI, Lettre Encyclique Caritas in Veritate, n° 3-4). « Si l’amour a besoin de la vérité, la vérité, elle aussi, a besoin de l’amour. Amour et vérité ne peuvent pas se séparer. » (Pape François, Lettre encyclique Lumen Fidei, no 27. Voir aussi : pape François, Pas d’hypocrisie, mais un langage évangélique, Messe du matin en la chapelle de la Maison Sainte-Marthe, mardi 4 juin 2013 / Rome, 5 juin 2013 (Zenit.org)).

[13]   La notion développée ici se meut dans une direction contraire à celle de la « dictature du relativisme » ambiant. (Cf. Le cardinal Joseph Ratzinger, homélie lors de la messe précédant le début du conclave, Basilique Vaticane, Lundi 18 avril 2005, tout juste avant de devenir le nouveau pape élu, Benoit XVI).

[14]   Le christianisme est fondamentalement une rencontre et une relation transformante avec le Seigneur ; ce n’est pas d’abord un système de pensée ou une « doctrine » à laquelle adhérer.

[15]   La connaissance de soi sous le Regard de Dieu peut être considérée tel un « socratisme chrétien » où l’on apprend à bien se connaître soi-même… Ce thème est privilégié chez de nombreux spirituels de notre Église (une sainte Catherine de Sienne par exemple).

 

© Copyright 2017 – Jean-René Duchesneau, Communauté de l’Amen

Dernière modification: 7 juillet 2019